|
Communiqué de presse
Alors que lors de la campagne des présidentielles de 2007, le candidat Sarkozy s’était engagé à une grande réforme de la prise en charge de la dépendance. Le 8 février 2011, lors d’un colloque sur le sujet, il avait ouvert ce chantier essentiel avec les propos suivants : «…Nous ne pouvons plus attendre, peut-être même avons-nous collectivement déjà trop attendu (…). Attendre encore serait une faute morale impardonnable, ce serait refuser de regarder la réalité en face, ce serait refuser d'assumer mes responsabilités.». Une fois de plus, force est de constater qu’à 100 jours du terme de son mandat, rien n’aura été fait sur ce sujet pourtant sensible et urgent.
Pire, chaque année, la promesse a été renouvelée et encore dernièrement la Ministre Bachelot nous expliquait que la réforme annoncée serait évoquée en début d’année 2012.
Mais, elle a cette semaine, déclaré qu’il n’y aura « pas de nouvelles mesures » réformant la prise en charge de la dépendance des personnes âgées avant l’élection présidentielle.
A toutes les personnes et leurs familles qui sont confrontées à un coût sans cesse en hausse et à un accès difficile en établissement, la seule réponse qui leur est faite est le mépris.
Aux professionnels du milieu médical et médico social qui sont chaque jour confrontés à des situations de détresse, on leur demande de bien vouloir patienter encore.
Pourtant chacun sait qu’une réforme de la pris en charge de la dépendance est inéluctable.
Cependant deux choix sont possibles. L’un inavouable en période électorale et dont on a bien compris qu’il était au cœur du projet de l’UMP : le recours important voire exclusif à l’assurantiel c'est-à-dire à la capacité de chacun d’épargner pour financer son risque de dépendance.
L’autre plus mutualiste et solidaire qui consiste à reconnaître la dépendance comme un 5ème risque pris en charge par la sécurité sociale, au terme de cotisations sans doute réévaluées mais portées par le plus grand nombre, y compris les revenus financiers.
Le Gouvernement évoque un effort bien modeste de 50 millions d’euros pour aider le secteur de l’aide à domicile. Je veux rappeler comme je l’ai fait dans le rapport que j’ai produit sur le budget des solidarités, au titre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, que ces 50 M€ ont en fait été prélevés sur les fonds destinés au financement du RSA.
Avec ce Gouvernement, comme d’habitude, ce sont les plus modestes qui financent les plus dépendants, alors que la récente réforme sur l’impôt sur la fortune a soulagé les pus riches de ce pays.
Nul doute que cette période d’élections verra les promesses resurgir… mais comment croire M. Sarkozy qui n’aura rien fait sur ce sujet au cours de son mandat de 5 ans ?
|