Alors que les rapports du COR (Comité d'Orientation sur les Retraites), fixent à échéance 2050 les éléments de son analyse, on peut être surpris de voir que l'horizon du projet de loi sur les retraites du gouvernement est fixé à 2018.
Déjà en 2003, Monsieur Fillon lors de sa réforme des retraites, fixait l'échéance à 2020. Sept ans après, tout est à refaire et on nous propose encore une échéance courte qui est en fait une réponse financière à la situation immédiate. Pourtant, c'est une révolution systémique qu'il faut engager.
C'est pour cela que le Parti socialiste fixe l'horizon à 2025 pour, à court terme, développer des mesures financières sans oublier les actions de fond à mener dans ce calendrier. Après 2025, un point d'étape devra être fait en prévision de l'échéance de 2050.
Depuis plusieurs heures, nous examinons les plus de 400 amendements déposés par les différents groupes politiques. Avec une méthode de travail qui prévoit la seule expression de ceux opposés à l'amendement, dans un délai contraint de 2 minutes. Il n'est pas acceptable que le droit de chaque parlementaire à amender un texte législatif soit à ce point limité. D'autant plus qu'à ce stade de nos échanges, 99% de nos amendements sont rejetés sans autre forme de procès.
Et dire que le Président de la République s'était engagé à revaloriser le rôle du Parlement...
Depuis des mois, nous assistons avec désolation à la dégradation du travail parlementaire mais les conditions d'examen du projet de loi sur les retraites nous ont conduit à un seuil jamais atteint.
Réunis fin juillet, au milieu des ouvriers travaillant aux chantiers d'été de l'Assemblée nationale, à huis clos d'une salle du 2e sous-sol mais avec une horde de journalistes positionnés derrière la porte, je n'ai pas le sentiment que les conditions soient optimum.
Plus profondément encore, lorsqu'on écoute M. Coppé, Président du groupe UMP, expliquer que le travail de la commission n'a pour objet que de « prendre la température », on est en droit de s'interroger sur la réelle importance que la majorité veut donner à ces travaux.
Pourtant, ce sont les conclusions retenues au cours de nos échanges qui constitueront le texte qui sera soumis au débat et au vote de l'Assemblée nationale en septembre.
Cette question est essentielle et peut expliquer le calendrier proposé par le gouvernement avec une échéance à 2018. 2018 est un délai insuffisant pour traiter de manière systémique le principe d'organisation de nos retraites. Mais par contre, chacun a bien compris après les déclarations de Mme Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances, qu'il fallait rassurer les marchés financiers. En évoquant des mesures que Mme Lagarde a qualifié comme les plus dures d'Europe, on peut avoir le sentiment que cette politique du gouvernement ait plus pour ambition de séduire les agences de notation que de répondre au véritable enjeu des retraites.