| Projet de loi de finances 2011. Crédits de la prévention de l'exclusion et insertion des personnes vulnérables |
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Après avoir défendu les positions de l'opposition sur le budget Solidarité ce matin, j'ai dénoncé l'insincérité du programme Prévention de l'exclusion et insertion des personnes vulnérables dans le budget Ville et Logement cet après-midi.
Comme l'a indiqué le rapporteur M. Etienne PINTE (UMP), « il est regrettable que l'effort de remise à niveau des crédits ne soit pas allé assez loin pour parvenir à une véritable sincérité budgétaire ». Il poursuit en ces termes : « les crédits prévus (1,18 milliard d'euros) demeurent très en deçà de la consommation constatée lors du dernier exercice connu, l'année 2009, au cours duquel les dépenses ont atteint 1,3 milliard d'euros ».
C'est la même analyse que j'ai développée en commission des affaires sociales avec un véritable coup de gueule face à la non prise en charge par le gouvernement de ses propres missions. En refusant d'inscrire les sommes nécessaires, on est en droit de se demander si l'Etat ne cherche pas tout simplement à laisser les acteurs locaux (communes, CCAS, Conseils généraux et associations) se débrouiller avec la prise en charge des personnes en situation de très grande exclusion.
Deux exemples montrent la gravité de la situation : - les crédits pour l'aide alimentaire sont inscrits pour 2011 à hauteur de 13 M€ alors que les dépenses réelles ont été de 20 M€ en 2008 et 37 M€ en 2009. - les crédits pour l'hébergement d'urgence sont inscrits pour 2011 à un montant de 248 millions d'euros alors même que les dépenses ont été de 260,7 millions d'euros en 2009.
Pourtant le nombre de situation d'urgence ne diminue pas. Ainsi sur Chalon-sur-Saône nous sommes régulièrement confrontés à des situations où l'Etat tergiverse pour assurer l'hébergement faute de moyens.
Tout aussi grave est la diminution drastique des crédits pour la conduite et l'animation des politiques de l'hébergement et de l'inclusion sociale. Ainsi, en 2011 ce sont seulement 15,8 millions d'euros qui sont inscrits contre 25,22 en 2010. ce montant est nettement en deçà des besoins puisque cette action avait coûté en 2009, 28,6 M€. Au sein de cette action, le fonds de coopération de la jeunesse et de l'éducation populaire (FONJEP) voit ses subventions réduites de 50%. Il y a fort à craindre que les associations seront grandement fragilisées par cette décision.
Globalement dans une période ou nous aurions besoin de soutenir plus fortement les acteurs qui luttent contre la grande exclusion pour le bénéfice des plus fragiles d'entre nous, c'est à une réduction très forte des moyens que nous assistons.
Pourtant là encore, le bouclier fiscal qui protège, lui, les plus riches, demeure ! |
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