J'ai eu le plaisir de participer à une Université d'Eté du Parti Socialiste particulièrement constructive cette année. Vous trouverez ci - après mon intervention à l'atelier consacré à la santé :
"L'atelier " Hôpital, santé publique, démographie et territoires " a permis de rappeler que la santé faisait partie de ces sujets de préoccupation majeure pour nos concitoyens, tout en étant un élément fondamental de l'attractivité des territoires. En ce sens, deux questions clés sont posées :
Comment lutter contre les inégalités face à la santé ?
Quelle place et quelle responsabilité les collectivités territoriales doivent prendre face à cet enjeu ?
Le diagnostic est clair :
Le secteur public hospitalier connaît des difficultés grandissantes notamment de financement
Alors même que le gouvernement souhaite accroître les coopérations entre secteur public hospitalier et cliniques privées, les conditions et les exigences notamment en termes de missions et d'accueil du public sont profondément différentes.
La gouvernance notamment dans les ARH ou dans les établissements posant quelques difficultés
Enfin, la question de la démographie médicale est actuellement posée.
La loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires) aurait pu être l'occasion de répondre à ces 4 enjeux. Il n'en a rien été et nous nous trouvons même dans une situation de paradoxes accrus.
1) La loi HPST a été présentée comme une loi technique par le gouvernement alors même qu'elle est éminemment politique et représente un clivage fort entre la gauche et la droite.
2) Elle est présentée comme une territorialisation des politiques de santé mais fait l'impasse sur la place des collectivités locales et leurs représentants avec notamment le caractère facultatif de la présidence des nouveaux conseils de surveillance des établissements pour les maires ou l'absence des régions au sein des nouvelles ARS.
3) Les hôpitaux publics sont menacés dans un certain nombre de configuration par un service privé lucratif mais dans le même temps de plus en plus de médecins libéraux cherchent des places en tant que salariés de la santé publique.
4) On voudrait que la démographie médicale soit plus équilibrée sur les territoires (même si rien n'a été proposé dans la loi pour cela) mais le gouvernement continue à accroître les fermetures de services publics sur les mêmes territoires augmentant ainsi le côté " in-attractif " déjà relevé.
Plus que jamais une définition nationale des moyens pour permettre l'égalité de l'accès à la santé est nécessaire. Le Parti socialiste doit s'emparer à nouveau de ce sujet et ne pas considérer que cette loi HPST a clos le débat. Il doit aussi dire jusqu'à quel point les collectivités territoriales doivent agir dans un domaine qui n'est pas de leur compétence.
Car, autre paradoxe, bien que ce ne soit pas de leur compétences, beaucoup de régions ont une intervention forte au nom de la proximité attendue par nos concitoyens. La demande s'exprime aussi auprès des maires et de conseils généraux.
De ce point de vue, il faut réaffirmer haut et fort que lorsqu'on parle de santé, on ne doit pas parler que de soins. Les régions et les collectivités locales dans leur ensemble peuvent être déterminante dans :
Les politiques de prévention avec notamment les conditions des aides à la formation.
Les politiques d'environnement avec le soutien à la recherche contre l'utilisation des pesticides et autres éléments ayant des incidences sur la santé.
Les politiques d'éducation à l'alimentation, au goût ou à la diététique des repas dans les établissements scolaires et plus largement.
Car chacun sait que les conditions de vie, comme les conditions de travail, influent fortement sur la santé.
Des actions fortes ont été engagées, comme celle soutenue au niveau européen, par la région Aquitaine où les actions d'ores et déjà menées en Nord-Pas de Calais.
Parce que l'attractivité de nos territoires en dépend, parce que 15% des Français ont dans les deux dernières années renoncé à se faire soigner, faute de moyens et que 40% d'entre eux ont différé des actes médicaux pourtant nécessaires, cette question reste majeure.
Elle doit prendre toute sa place dans le projet socialiste.
Interventions vidéos de Christophe Sirugue à l'Assemblée Nationale