| Stigmatiser pour mieux régner, la vieille recette de 2007 |
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La dette explose, les déficits se creusent, la croissance est en berne, le chômage s'enlise, le pouvoir d'achat s'effondre mais Laurent Wauquiez a trouvé les coupables : les pauvres et les étrangers.
Le ministre chargé des Affaires européennes veut exiger des bénéficiaires du RSA, une contrepartie de 5 heures hebdomadaires de service social car les "dérives de l'assistanat" seraient le "cancer de la société française".
Alors pourquoi traiter les allocataires de nodules est inintelligent ? Tous les acteurs de terrain qui s'emploient à l'insertion des plus démunis savent que l'insertion sociale passe avant tout par l'emploi et que le chômage volontaire est un mythe que la droite ressort, tel un marronnier, à chaque campagne électorale. Les gens veulent travailler, car ils veulent vivre des revenus de leur propre activité, ils veulent un statut, ils veulent faire partie de la société. Faire croire qu'ils se maintiendraient par paresse dans l'inactivité, c'est au mieux de l'ignorance, au pire, de la manipulation. Il faudrait reconnaître les limites du RSA activité : l'incitation au travail ne fonctionne que si le marché de l'emploi est dynamique.
En 2007, la campagne UMP avait pointé les délinquants et les étrangers. Les victimes expiatoires 2012 seront manifestement les pauvres et les étrangers. Ces derniers ne votant pas, les blâmer ne coûte pas cher et a déjà fait ses preuves électorales : ils seront donc sommés de travailler 5 ans en France avant de prétendre aux aides sociales. Là aussi, cette rétrogradation serait mortifère pour la cohésion nationale.
Laurent Wauquiez veut faire déposer cette proposition de loi, au titre de son groupe « Droite sociale ». Curieuse revendication sociale que de bouc-émissariser la plus faible frange de la population – et celle qui vote le moins - pour gagner les voix des autres.
Quant à N. Sarkozy, il trouvera là, une nouvelle fois, l'occasion de contester ce qu'il a lui même proposé puisque le RSA sous sa forme actuelle a été votée par sa majorité. Au moment du débat nous lui avions dit que le risque d'échec était grand... Aujourd'hui c'est d'une nouvelle philosophie, d'un nouveau socle de solidarité dont nous avons besoin pour mieux insérer les plus démunis. La campagne électorale à venir sera l'occasion une nouvelle fois de montrer les propositions des socialistes pour garantir la cohésion nationale et le vivre ensemble. |
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